Actualisé le 10 mai 2006 à 20:49


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Edition du 11 mai 2006 > Actualite

Tlemcen
Emeutes à Maghnia

Hier, vers 15 h, le tribunal de Maghnia, dans une ambiance électrique, a prononcé des condamnations jugées sévères à l’encontre des émeutiers de samedi dernier, qui ont ébranlé cette région frontalière.


En effet, des peines d’une à cinq années de prison ferme ont été infligées aux 46 mis en cause, dont 6 mineurs (trois d’entre eux sont en fuite). Les délits sont : attroupement non autorisé, destruction des biens d’autrui et profanation de l’emblème national. Sitôt le verdict donné, les commerces ont baissé rideau, les transports publics se sont immobilisés et la ville s’est complètement vidée, comme si la population craignait un cyclone. Autour du tribunal, protégé par des véhicules de police blindés et des agents lourdement armés, les proches des détenus, en transe, ont réagi violemment en procédant aux insultes et aux jets de pierres. La sentence a fait le tour des quartiers populaires, dont sont issus les jeunes condamnés. Un climat de terreur s’est installé subitement. Une voiture de police est la cible de jeunes embusqués. Des rumeurs font état de groupes de jeunes qui, armés de cocktail molotov et de lance-pierres et venant des cités, s’apprêtent à envahir le centre- ville. Les détenus sont transférés vers la prison de Tlemcen dans des conditions sécuritaires impressionnantes. A l’heure qu’il est, et vu les circonstances, il est difficile de joindre un responsable pour avoir son avis. Des jeunes sont offusqués : « Personne n’a brûlé le drapeau national, qui est fou pour le faire ? » La tension montait et c’est à sauve-qui-peut. Samedi dernier, des émeutes avaient éclaté pour protester contre la saisie de camions, ensuite le soulèvement avait dégénéré pour charrier tout sur son passage : les jeunes avaient dénoncé la hogra, le passavant imposé à 35 km de la ville et d’autres revendications sociales. La ville avait vécu une journée terrible : affrontements avec les services d’ordre, incendies, etc. 17 h. La ville est une cité fantôme. Les policiers, appelés en renfort de Tlemcen et de Sidi bel Abbès depuis le jour des émeutes, occupent les points sensibles de la ville et sont positionnés devant les institutions étatiques.

C. Berriah

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